Principes généraux d’étiquette en Aïkido

Samedi 3 mars 2007 6 03 /03 /2007 12:28

Le maître et les Yudansha sont les ambassadeurs du budo, responsables par leur comportement de la réputation de leur ryu (école). Le port de la ceinture noire et du Hakama sont les symboles visibles de leur avancée sur le chemin qui mène à la Voie. En budo, le grade représente l’ensemble (ichi) d’une triple valeur, shin (valeur morale), gi (valeur technique) et tai (valeur physique) indissociables.

 

“Les sept plis du hakama symbolisent les sept vertus du Budo. Nous retrouvons ces qualités chez le samurai d’antan. Le hakama nous incite à refléter la vraie nature du bushido. Le port du hakama symbolise les traditions qui se sont perpétuées de génération en génération. L’Aïkido étant issu de l’esprit du bushido, nous devons nous efforcer dans notre pratique de polir les sept vertus traditionnelles.” (Ueshiba Morihei)

 

 

Ces sept vertus sont, sans aucune hiérarchie entre elles :

 

    - Jin (bienveillance, générosité) : la bonté ou la bienveillance suppose une attitude pleine d’attention pour autrui, sans considération d’origine, d’âge, de sexe, d’opinion ou de handicap. Le respect permanent des autres avec le souci de les honorer sans jamais leur causer de troubles ou de peines inutiles conduit naturellement à une concorde sociale mutuelle. Nous retrouvons ici le “Bushi No Nasake”, la sympathie ou la clémence du guerrier nippon, qui pouvait certes trancher de son sabre tout problème lui étant soumis, mais qui possédait également la possibilité de pacifier les esprits sans ôter de vie.

 

    - Gi (honneur, justice) : le sens de l’honneur passe par le respect de soi-même, d’autrui, et des règles morales que l’on considère comme justes. C’est être fidèle à ses engagements, à sa parole, et à l’idéal que l’on s’est choisi.

 

    - Rei (courtoisie, étiquette) : La politesse n’est que l’expression de l’intérêt sincère et authentique porté à autrui, quelle que soit sa position sociale, au travers de gestes et d’attitudes pleins de respect et de sollicitude. Le cérémonial et l’étiquette font partie de l’extériorisation de la politesse.

 

    - Chi (sagesse ; intelligence) : Le sage a toujours quelque chose à apprendre, même d’un fou, alors que le fou n'a plus rien à apprendre, même d’un sage. La sagesse est ici synonyme d’aptitude à discerner en tous lieux et en toutes choses, le positif et le négatif, à n’accorder aux choses et aux événements que l’importance qu’ils ont, sans être aveuglé ni se départir de la sérénité si durement acquise sur le tatami.

 

    - Shin (sincérité) : la sincérité est impérative dans l’engagement martial : sans elle, la pratique n’est que simulation et mensonge, tant pour soi-même que pour autrui ; l’engagement se doit d’être total, permanent, sans équivoque, et la sincérité de celui-ci se constate facilement ; l’illusion ne peut perdurer longtemps devant les exigences et le réalisme de la Voie.

 

    - Chu (loyauté) : il peut paraître désuet de parler de loyauté et de fidélité dans notre société contemporaine, alors même que ces valeurs sont le ciment indéfectible de nos disciplines martiales. Le Budoka s’engage à une fidélité totale et à un respect loyal des règles internes à son Ecole. Ces valeurs sont le reflet de la rectitude du corps et de l’esprit du pratiquant.

 

    - Koh (Piété) : la piété s’entend ici dans le sens de respect profond et authentique des bases de nos pratiques martiales, bases techniques, spirituelles, historiques, philosophiques...

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Samedi 3 mars 2007 6 03 /03 /2007 12:03



L'ensemble des règles d'étiquette (« Reishiki ») observées dans les Dojos d'Aïkido et des autres arts martiaux traditionnels ou lors des stages, a pour but de préserver le caractère artistique de la discipline, de développer le sens du respect mutuel, et de préserver la sécurité physique des pratiquants. Le Reishiki n'est pas immuable, ni surtout rigide. Chaque personne l'observe à sa façon, et certaines écoles, sous l'influence de leur professeur principal, ont pu développer des variations dans le Reishiki, voire leurs propres coutumes. En cas de visite rendue à un autre Dojo, il suffit de bien observer. Mais rien n?interdit de conserver son Reishiki personnel, qui doit être simple, naturel et surtout sincère.

Les règles suivantes sont observées dans la plupart des Dojos et constituent seulement le socle élémentaire du Reishiki. La pratique plus large du Reishiki, indissociable de la formation en Aïkido, s?appelle Rei-Gi-Zao, et se construit non seulement au Dojo, mais également en dehors, dans tous les actes de la vie quotidienne...

                                                                      

En entrant dans le Dojo et en le quittant, il convient de saluer brièvement par une inclinaison du buste en direction du Shinden (ou « mur haut » où se trouve le portrait du fondateur). Ce salut, debout, s'appelle : Ritsu-reï.

En montant sur le tapis (Tatami), on quitte ses sandales (Zoori) et on les range en les tournant vers l'extérieur en évitant de tourner le dos au Shinden.  Puis, en position assise sur les talons (Seiza), on salue en direction du Kamiza ou du Shinden et on gagne discrètement sa place (côté Shimoza) en attendant le début du cours.

 

 
 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


               A la fin du cours, il est coutumier d’aller saluer et remercier, soit debout, soit assis, tous les partenaires de travail de la séance. On quitte le tapis par une inclinaison en direction du Shinden.

Il convient d’éviter, dans la mesure du possible compte tenu du nombre de pratiquants sur le tapis, de s’entraîner juste devant le Shinden, qui est la place du professeur, et dans tous les cas on ne doit pas s’asseoir devant en lui tournant le dos, même le cours terminé, p.ex. pour plier son Hakama.

D’une façon générale, le respect des autres et des instruments de travail s’impose : les armes doivent être rangées, prêtes à servir, le long du tapis à un emplacement que l’on n’oublie pas. Ne jamais se servir d’un vêtement ni d’armes qui ne vous appartiennent pas. Ne jamais enjamber les armes rangées le long du tapis.

En principe, quelques minutes avant le cours, on doit être échauffé, assis en Seiza, tous sur une même ligne, en respectant si possible le silence.  Ces quelques minutes permettent à l’esprit de faire le vide, de se débarrasser des problèmes ou préoccupations mentales de la journée et préparent à l’attention qu’exige l’étude.

Le cours commence et se termine par une cérémonie formelle. Il est essentiel d’être à l’heure pour y participer mais si vous arrivez en retard, vous devez attendre debout au bord du tapis (en principe au centre, en face du Shinden) jusqu’à ce que l’enseignant vous fasse signe de vous joindre au cours. En montant sur le tapis, saluez le Shinden en Seiza, ainsi que le professeur, même s’il ne vous regarde pas à cet instant. Gagnez votre place de pratique en perturbant le moins possible le cours.

La façon correcte de s’asseoir sur le tapis est la position en Seiza. Mais si vous êtes blessé au genou, ou si cette position vous devient trop douloureuse, vous pouvez vous asseoir en tailleur en vous efforçant de garder le dos droit. N’allongez jamais les jambes et ne vous adossez pas au mur ou à un poteau. Vous devez être disponible à chaque instant. Si vous êtes en Seiza faute de partenaire, ou pour recevoir des explications, placez-vous toujours en sorte de gêner le moins possible les autres pratiquants, et soyez prêt à bouger instantanément en cas de chute en votre direction. Ne quittez pas le tapis pendant la pratique, sauf en cas de blessure ou de malaise, et dans tous les cas, avertissez-en le professeur.

Quand le professeur montre une technique, vous devez en principe rester assis en Seiza et regarder très attentivement. Après la démonstration, saluez le partenaire le plus proche et commencez à travailler.

Dés que la fin d’une technique est annoncée, terminez immédiatement votre mouvement, saluez rapidement votre partenaire et rejoignez les autres pratiquants assis en ligne ou en cercle. Ne restez jamais debout sur le tapis sans travailler. S’il le faut, restez en Seiza en attendant votre tour. Si pour une raison ou pour une autre vous devez absolument poser une question au professeur, allez vers lui, ne l’appelez jamais : saluez-le avec respect et attendez qu’il soit disponible. Un salut debout suffit dans ce cas. Quand le professeur vous montre un mouvement en particulier pendant le cours, mettez-vous en Seiza (sauf si cette position vous expose trop) et regardez attentivement. Saluez-le lorsqu’il a terminé. Quand il corrige un autre pratiquant, vous pouvez vous arrêter de travailler pour regarder, d’un commun accord avec votre partenaire. Asseyez-vous en Seiza et saluez de même. Respectez les pratiquants les plus gradés, et d’une façon générale ceux qui sont manifestement plus âgés que vous. Ne discutez jamais à propos de technique et n’entrez jamais en polémiques sur le tapis. Le Dojo est un lieu de recherche et de travail personnel, pas un forum de discussions. Si vous connaissez le mouvement et que vous travaillez avec quelqu’un qui ne le connaît pas, vous pouvez le guider, mais en parlant le moins possible. Faire sentir les directions de travail est beaucoup plus profitable. S’il questionne davantage, c’est au professeur de lui apporter la réponse. En règle générale, abstenez-vous de corriger qui que ce soit si vous n’avez pas atteint le niveau de Yudan-sha (ceinture noire).

Ne bloquez jamais le mouvement de votre partenaire, quel que soit son niveau : c’est contraire à l’esprit d’entraide mutuelle dans la recherche et l’apprentissage, c’est une source de frustration qui peut faire naître des émotions négatives, enfin ce peut même être dangereux pour vous en provoquant des réactions que vous ne pourriez contrôler. Dans le Dojo du fondateur, un avertissement mural indiquait que ce pouvait être un motif d’exclusion définitive de l’école... Parlez le moins possible sur le tapis : c’est dangereux pour vous-mêmes et pour les autres. La vigilance doit être constante pour éviter les accidents, et l’apprentissage de l’art ne passe de toute façon que très peu par la parole... Ne vous prélassez jamais sur le tapis avant, pendant ou après le cours : il est réservé à l’étude. En fait, dès que l’on pose le pied sur le tapis, la conscience et la vigilance doivent être aiguisées.

Idéalement, le tapis devrait être balayé chaque jour avant les cours et en fin de journée. Chacun est responsable de la propreté du Dojo.

 
Chaque pratiquant doit veiller à entretenir son hygiène corporelle, pour lui-même bien sûr, mais aussi par respect pour les autres et pour éviter des blessures : le keiko-gi (appelé à tort Kimono) doit être propre, les pieds et mains lavés, les ongles coupés courts, les cheveux longs attachés ou maintenus. Le port de bijoux est proscrit.

Sauf pour les fêtes, en règle générale, on ne mange, ne fume, ni ne mastique du chewing-gum, dans le Dojo, et a fortiori sur le tapis. On peut toutefois se réhydrater en prenant quelques gorgées d’eau entre deux cours, ou bien encore au moment indiqué par le professeur. Dans tous les cas, ne pas sortir du tapis pendant un cours pour aller boire, et éviter de boire sur le tapis.

On dit habituellement “Onegaï-Shimasu” (littéralement : je vous fais une requête, s’il vous plaît) au moment du salut du début du cours, et au moment où l’on invite un partenaire, et “Arigatoo-Gozaïmashita” (merci beaucoup) en fin de cours, pendant le salut au professeur, salut que l’on commence légèrement avant lui, et auquel il répond.

Il convient de faire son possible pour respecter l’harmonie du Dojo et donner de la plénitude à la pratique.

Vous pouvez inviter quiconque à venir regarder un cours à n’importe quel moment, à condition que les règles suivantes soient observées :

·         Si possible avertir le professeur au préalable.

·         Prendre place avec discrétion, ne pas poser les jambes sur un meuble, ou adopter une position semi-allongée.

·         Ne pas fumer, boire ou manger pendant les cours.

·         Ne parler à personne se trouvant sur le tapis, et en règle générale, éviter de parler ou de commenter ce qui s’y passe.

·         Ne pas se promener ou déambuler pendant que le professeur montre ou corrige un mouvement, ni distraire l’attention de ceux qui se trouvent sur le tapis.

 

Si c’est vous-mêmes, pratiquant(e), qui rendez visite à un Dojo pour regarder le cours, ou que vous regardiez le cours dans votre propre Dojo habituel, il convient de vous lever et de saluer debout en direction du Shinden lors des cérémonies d’ouverture et de fermeture du cours.

Bien qu’il y ait de nombreuses règles d’étiquette à assimiler, elles viendront progressivement s’inscrire dans votre comportement avec une pratique régulière. Ne soyez pas vexé si on vous fait observer un détail d’étiquette, car chaque détail est important pour la sécurité de tous et a un but éducatif précis. L’Aïkido n’est pas une religion, ni une armée, mais une éducation et un perfectionnement de l’esprit. Un jour vient où l’on oublie totalement les règles d’étiquette, ce sont elles qui vous habitent, et c’est vous qui les faites vivre, sans effort apparent, avec simplicité... A ce stade, n’oubliez pas que les pratiquants plus «jeunes» dans la discipline vous observent, et cherchent à percer votre «secret»...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

            

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